EXCLUSIF : Interview du poignardeur de Sivens

Dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 octobre 2014, un militant écologiste, Rémi Fraisse, est tué (officiellement) par la grenade d’un officier. Durant cette nuit, où ni lui, ni les forces de répression n’auraient du se trouver, s’affrontaient inutilement d’écervelés casseurs de flics et d’autres qui suivaient des ordres sans réfléchir. Deux ans après sa mort et l’arrêt des travaux de ce barrage dont seuls les principaux intéressés en voyait l’utilité – la justice a annulé la Déclaration d’utilité publique – des « tensions » persistent encore dans la région.

Ce dimanche 23, une commémoration mystico-politique était prévue. À l’arrivée d’un groupe de quelques dizaines de citoyens, barbus ou non, accompagnés d’enfant et de journalistes se rendant à proximité du lieu où tomba le jeune étudiant, une cohorte d’enragés les attendaient.

couteau_sivens_agression_hommage_remi-fraisse_barrage_agriculteurs_fachosphere_pascale-puibasset.JPGCeux-ci étaient menés par Pascale Puibasset une élue sans étiquette d’extrême droite et surtout compagne d’un agriculteur frustré, Bernard Durieux (il devait bénéficier de l’eau du barrage). Étaient également présent Philippe Jougla, le président de la Fédération des exploités agricoles du Tarn, un personnage à la bonhomie trompeuse, ainsi que M. Joffrey Demetz, leur pacifique chargé de communication et de désinformation, président d’une association de riverains mécontents et collaborateur-enquêteur-photographe d’un site Internet antizadiste, dont les auteurs secrets restent impunis malgré les nombreuses plaintes déposées à leur encontre pour diffamation et appel à la haine.

Le ton est rapidement monté lors de cette obstruction à la liberté de circuler. Cela a braillé. Un couteau a été sorti et utilisé pour blesser deux ou trois femmes. La gendarmerie a fini par « intervenir » nonchalamment, ni méchamment, pour éviter un drame. Le Journal Détarné après une courte enquête au bar du village a retrouvé l’homme qui a perdu son sang froid, assoiffé de sang chaud et de bières tièdes. Il s’est confié à nous. Nous ne donnerons que ses initiales, GG, pour le protéger de ses amis. Nous avons retranscrit ses propos dans un français conventionnel tout en gardant le ton de notre interlocuteur.

JDT : Monsieur GG, vous étiez dimanche dernier à Sivens. Pouvez-vous nous expliquer votre présence en ce lieu où vous le savez bien, il n’y aura jamais de barrage.

GG : Oh, moi j’avais prévu d’aller manger le poulet chez ma maman, mais c’est la Pascale qui nous a dit de venir car ils disaient qu’y avait les pelluts [néo-ruraux poilus, NDLR] qui revenaient à Sivens. Elle parle bien la Pascale, elle était bien énervée, elle, elle en avait besoin de l’eau pour son mari. Elle nous a payé des coups à boire alors on s’est dit qu’on pourrait aller rigoler un peu là bas.

couteau_sivens_agression_hommage_remi-fraisse_barrage_agriculteurs_fachosphere.JPGJDT : Mais qu’est-ce qui vous a pris de vous attaquer à de jeunes femmes ? Cela aurait pu très mal finir ?

GG : J’ai pas fais exprès, c’était juste pour leur faire peur. Et moi aussi, j’ai eu un peu peur. Je n’avais jamais vu des zadistes d’aussi près et aussi nombreux. C’est des furieux, des drogués qui puent, alors vous voyez. On ne sait jamais avec des gens comme ça. J’ai juste voulu sauver l’état de droit comme ils disent les copains qui balancent du lisier sur les préfectures. Moi, je ne ferais pas de mal. Y a que les sangliers que j’éventre, mais quand ils sont déjà morts.
JDT : Vous savez qu’une plainte aurait été déposée et qu’il y aurait une vidéo vous incriminant…

GG : Un crime et non ?

JDT : Heu, c’est pas bon pour vous. Vous risquez la prison.

GG : (Rires) Oh, ça m’étonnerait bien. On a fait bien pire, boudu ! Quand on leur courait après la nuit dans la forêt, quand on menaçait les filles de viols, quand on a cassé leurs camions qui valent pas une bétaillère, ou qu’on leur crevait les pneus. On attaquait surtout les vieux et les femmes. Y en a deux trois qu’on a bien tabassé aussi. Les gendarmes, ils nous ont jamais rien dit, ils étaient avec nous, enfin pas très loin. Ils avaient des « qu’on signe » de ne pas intervenir qu’ils ont dit à une dame à qui on a fait bien peur. C’est des bons copains. On partageait la saucisse à l’époque et puis chez eux y a en aussi qui aiment bien la Marine.

JDT : En tant qu’agriculteur, ne regrettez-vous pas l’abandon du projet de barrage ?

GG : Moi, mais je ne suis pas du tout agriculteur. Je suis retraité du RMI. D’ailleurs je m’en fous un peu du barrage, c’est juste que ça aurait été bien pour aller à la pêche.

sivens_testet_puibasset_demetz_agression_remi-fraisse
Capture d’écran de la vidéo où on aperçoit le couteau de GG pris en flagrant délire.

JDT : Une dernière question. La mairie de Lisle-sur-Tarn a mis en œuvre une cellule psychologique pour aider les personnes qui … Heu … Calmez-vous GG ! Non, rangez votre opinel, nous sommes en train de vous filmer comme à Sivens. Vous allez encore avoir des problèmes…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s